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17 mars 2021

Montréal, le 18 mars 2021 - Danse-Cité et la compagnie Pétrus sont heureuses d’annoncer la présentation en salle du spectacle FACE-À-FACE, qui devait avoir lieu en avril 2020. À l’affiche du théâtre La Chapelle du 6 au 11 avril prochain, pour huit représentations, cette nouvelle création de Jérémie Niel marquera le retour attendu du public dans les théâtres montréalais.

Dans FACE-À-FACE, la chorégraphe et interprète Louise Bédard et le metteur en scène Félix-Antoine Boutin se regardent dans les yeux, s’interpellent, s’interrogent devant tout le monde, essayant avec l’autre de mettre des mots sur la quête de beauté et d’absolu dans leurs arts respectifs, cherchant les ficelles et les fissures de chacune de leurs disciplines.

Pour la première fois, ces interprètes-créateurs se questionnent mutuellement sur leurs manières de créer et de concevoir les arts de la scène, sur les différentes quêtes qui ont jalonné leur existence, de projet en projet, de studio en studio, de pièce en pièce. Et c’est ce qui les amène à parler de danse, de théâtre, de romantisme, de paysage, d’abstraction, de politique, de morale, de pensée critique, de sensible, de flou… Devant le public, ils transforment La Chapelle en agora pour repenser la rencontre du théâtre et de la danse.

Quels ponts arrivera-t-on à créer  Où tout ça nous mènera-t-il  Y a-t-il une issue, une histoire possible?

Metteur en scène et directeur artistique de Pétrus, Jérémie Niel orchestre ce face-à-face, épaulé à la chorégraphie et aux réflexions dramaturgiques par sa complice de longue date, la chorégraphe Catherine Gaudet. Après le succès de sa dernière création, Noir, présentée au Théâtre de Quat’Sous en janvier 2019, il poursuit sa recherche du décloisonnement des codes dans les arts de la scène, et entretient son obsession pour la fusion peut-être impossible entre les deux solitudes qui occupent son âme d’artiste, la danse et le théâtre.  

VISIONNEZ LA BANDE-ANNONCE

Depuis le début de sa carrière, Jérémie Niel a mis en scène plus d’une douzaine d’œuvres qui ont été présentées entre autres au théâtre La Chapelle, à l’Agora de la danse, à l’Usine C, au Théâtre Prospero, au Théâtre de Quat’Sous, au Festival TransAmériques, au Théâtre français du Centre national des arts à Ottawa et au Théâtre National de Chaillot à Paris. Il collabore aussi régulièrement, à l’invitation de différents producteurs, à la création et la mise en scène de nombreux projets avec d’autres compagnies et notamment les groupes de musique We are Wolves et Dear Criminals.

FACE-À-FACE, à ne pas manquer les 6. 7. 8. 9 avril à 19 h et les 10. 11 avril à 14 h et 19 h. Places limitées.
À La Chapelle Scènes Contemporaines : 3700, rue Saint-Dominique, Montréal
Billets : billetterie.lachapelle.org | 514 843-7738  | De 20 $ à 30 $

ÉQUIPE ARTISTIQUE
Une coproduction Danse-Cité et Pétrus | Création et mise en scène Jérémie Niel | Chorégraphies Catherine Gaudet | Assistance à la mise en scène Ariane Lamarre | Interprétation Louise Bédard et Félix-Antoine Boutin | Conception des éclairages Cédric Delorme-Bouchard | Conception sonore Jean-Sébastien Côté et Ariane Lamarre | Conception des costumes Léonie Blanchet | Accessoires Karine Galarneau | Direction de production Kevin Bergeron | Direction technique et régie Jérôme Guilleaume | Captation vidéo et bande-annonce Sylvio Arriola | Prise de son et mixage sonore Julia Innes | Photos Fabrice Gaëtan.

SOUTIEN FINANCIER
Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Conseil des arts de Montréal.

DANSE-CITÉ
Depuis 39 ans, Danse-Cité contribue à l’évolution des pratiques de la danse et de la création contemporaine. L’organisme accompagne les artistes dans le déploiement de leur démarche artistique, de la naissance de l’idée à la présentation devant public. Il soutient l’émergence de nouvelles écritures, s’investit dans un travail structurel autocritique et durable dans l’objectif de redéfinir ses relations avec les artistes racisé.e.s et autochtones. Il vise également à favoriser l’accessibilité universelle aux arts.

PÉTRUS
Compagnie fondée à Montréal en 2005 par le metteur en scène Jérémie Niel, Pétrus a créé, produit et diffusé 12 œuvres contemporaines. Pétrus fait du théâtre-paysage, à distance du vacarme, aux frontières des disciplines, tente de créer des mondes pleins, romantiques et ambigus, pour spectateurs immergés, pris par tous les sens.

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Médias :   
Francine Arsenault, Danse-Cité | communication@danse-cite.org ­| 514 812-7068
Valérie Grig, RuGicomm |  valerie@rugicomm.ca | 514 812-3858

Photo : Fabrice Gaëtan

10 mars 2021

Danse-Cité confirme l’annulation du spectacle 18 P_R_A_C_T_I_C_E_S d’Andrew Turner, prévu du 14 au 18 avril, au théâtre La Chapelle. Le chorégraphe et son équipe, appuyés par Danse-Cité, ont choisi de reporter la prochaine étape de création et les représentations de 18 P_R_A_C_T_I_C_E_Sà des temps meilleurs. Ce n’est donc que partie remise. L’artiste sera de retour la saison prochaine.

Du 22 au 26 février 2021, Andrew a ainsi effectué une dernière résidence à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal avec ses collaborateurs. En guise de salutations, il nous partage ici sa réflexion.

« C'est à la suite d’une longue réflexion que nous avons décidé de repousser le spectacle. Après trois ans de travail, parsemés de périodes de création en Suisse, en Suède et en Gaspésie, la pièce commençait à devenir nerveuse : trop de neurones en feu, face à l'incertitude d'une première qui pourrait avoir lieu ou non. Le report a été ressenti comme le choix le plus sûr et le plus sain.

Ce fut donc un soulagement de plonger dans la simplicité du travail et la réalisation d’une œuvre, de s’affairer autour des émanations énergétiquesd'un corps sur scène, de réfléchir au temps et de tisser des textures disparates d'expériences.

Mon solo retourne dans sa boîte pour un moment, sous la forme d'un amas de particules excitées. Comme des constellations d'informations logées dans le cerveau, dans les carnets de notes et les téléphones — des notes griffonnées, des demi-pensées, des températures, des sons, un casque de balai —qui attendent maintenant de rejaillir, comme lorsqu’un interrupteur se déclenche à nouveau.

Un grand merci à mon équipe — Paul Chambers(éclairages), Thea Patterson,Amélie Rajotteet Anne Thérault(accompagnatrices à la dramaturgie) et David Drury(son)— ainsi qu’à mes partenaires — Circuit-Est centre chorégraphique (Montréal), Théâtre Sévelin 36 (Lausanne),Tangente (Montréal), Milvus Artistic Research Center (Knislinge), Salon 58 (Marsoui, Québec), The Stable (Montréal) et la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal (Montréal) — pour tout leur soutien.

Je remercie également le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québecet le Conseil des arts de Montréalde leur contribution financière. »

Andrew Turner

Photo : Julie Artacho

 

23 février 2021

Dans le contexte actuel d’une crise sanitaire qui perdure et bouscule encore l’ordre des choses, Danse-Cité souhaite contribuer au maintien des artistes à l’œuvre, en leur offrant lieu(x) et temps, sans aucun impératif de production.

Les laboratoires de travail et la recherche pure sont des éléments cruciaux dans la chaîne de la création vers l’émergence et/ou l’épanouissement de singularités artistiques. En instaurant espaces recherche, Danse-Cité s'attache à renforcer ces sphères que sont la recherche et la création et qui marquent sa mission.

Du 22 février au 14 mars prochains, espaces recherche lancera donc sa plateforme, en accueillant six équipes créatrices dans le studio et la salle de spectacle du Théâtre MainLine. Chaque groupe d’artistes aura accès au lieu pour une durée de sept jours, aux temps qui leur conviennent. 

Rêver, créer, expérimenter, observer, prendre le temps, converser.

Des échanges et discussions entre les équipes occupant les deux espaces, chacune une semaine, prendront place les vendredis midis.

Les premiers artistes invité.es d’espaces recherche
— Kim-Sanh Châu + Louise Michel Jackson
— Hanako Hoshimi-Caines + Erin Hill
— Alexandra Landé «Spicey» + Jean-Édouard «Sangwn» Pierre Toussaint + Samuel «Ssam» Lord + Frédérique «Pax» Dumas
— Victoria MacKenzie «VicVersa» + Ja + Nubian Nene + Shash'U + Easy C
— Pénélope Martel Gromko + Silvia Sanchez + Pamela Gómez Widman

Soulignons que depuis le début de la saison, six créatrices et créateurs ont déjà bénéficié de résidences rémunérées par Danse-Cité, grâce à la collaboration du MAI, de Studio 303, de Par B.L.eux et de la Maison de la culture Mont-Royal. Ces partenaires ont apporté leur soutien aux artistes Jordan Brown, Justin de Luna, Marie-Reine Kabasha, Maria Kefirova, Soleil Launière, Nassim Lootij et tout prochainement Andrew Turner. espaces recherche donne un nouvel essor à cette initiative, qui nous l’espérons, deviendra récurrente au fil du temps.  

Danse-Cité remercie ses partenaires ainsi que le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec, dont les fonds d’urgence attribués dans le contexte de la pandémie ont rendus l’initiative possible. 

 

7 février 2021

Projet d’audiodescription d’œuvres chorégraphiques, destiné au public en situation d’handicap visuel 

Danse-Cité souhaite encourager l’accessibilité universelle aux arts. À cette fin, l’organisme s’est engagé dans la conception et la réalisation d’un projet d’audiodescription destiné aux personnes totalement ou partiellement privées de la vue. Une initiative soutenue par le Conseil des arts de Montréal, dans le cadre de son programme Pratiques inclusives.

Formation

Spécialiste française en audiodescription de spectacles chorégraphiques contemporains, Valérie Castan a été invitée par Danse-Cité à former une dizaine de futur.e.s narrateurs et narratrices, audiodescripteur.trice.s québécois dans le domaine.

Cette formation se déroulera en deux périodes :

-  En ligne : entre le 5 et 16 avril 2021, de 9 h à 12 h et de 13 h à 15 h
-  En présentiel : à l’automne 2021 (mois d’octobre pressenti, dates et heures à venir)

En avril, la formation sera consacrée à l’étude théorique de la méthodologie d’audiodescription, développée par Valérie Castan. Elle sera accompagnée de processus d'expérimentations pratiques, à partir de matériaux audiovisuels en danse contemporaine sélectionnés au préalable. Elle s’effectuera en petits groupes de travail et sous la forme d’ateliers.

À l’automne, la formation sera arrimée à un spectacle de danse accompagné en audiodescription. Les participant.e.s seront guidé.e.s dans toutes les étapes qui mèneront à cette soirée. 

Compétences requises

- Excellente connaissance de la danse et de la culture chorégraphique ;
- Maîtrise du français et fortes aptitudes en rédaction ;
- Bonne capacité de communication à l’oral ;
- Pratique de la danse (un atout).

La formation est sans frais.
Chaque participant.e bénéficiera d’un cachet de 250 $.

À l’issue de la formation, les participant.e.s seront considéré.e.s par Danse-Cité et ses partenaires comme des ressources outillées en audiodescription d'œuvres chorégraphiques. Le projet est appelé à se développer à longue échéance auprès de plusieurs organisations en danse.

Soumettre sa candidature

Pour soumettre votre candidature, veuillez envoyer votre curriculum vitae et une lettre de motivation à l’attention de Carmen Ruiz au courriel suivant :
carmen.ruiz.navia@gmail.com, d’ici le 28 février 2021.

Danse-Cité s’engage à offrir un environnement de travail inclusif et respectueux à tou.te.s.

Nous remercions tou.te.s les candidat.e.s de leur intérêt. Les personnes dont la candidature aura été retenue seront invitées à une entrevue. 

Plus d’information : http://www.danse-cite.org/fr/audiodescription

Pour toutes autres questions :
514 668 1688 | carmen.ruiz.navia@gmail.com

 

19 janvier 2021

Vous l’aviez raté ? Danse-Cité vous invite à nouveau à découvrir Papillon d’Helen Simard, du 12 février, midi, au 14 février, 23 h, sur la plateforme lepointdevente.com. Née de contraintes mais aussi de possibles, la pièce a été présentée en première en live streaming de la scène du théâtre La Chapelle, le 5 novembre, dans une coréalisation de Frédéric Baune et Helen Simard. Elle a été retransmise en différé, une première fois, du 13 au 15 novembre.

Dans Papillon, le thème du chaos a inspiré la création de trois solos à la fois distincts et complémentaires, interprétés par Nindy Banks, Jean-Pierre Mecdy et Victoria Mackenzie sur une partition musicale de  Roger White, Rémy Saminadin et Ted Yates, également sur scène. La captation de l’œuvre avec plusieurs caméras nous aspire pleinement dans l’univers de la chorégraphe. Elle nous fait oublier en l’espace de quelques minutes que la danse se déroule sur un écran d’ordinateur. Coût du billet : 10 $

Lire l’article de Léa Villalba, Le Devoir 
Lire l’article de Victor Swoboda, Dance International

Écoutez le podcast ConfiDanse d’Ariane Famelart avec Helen Simard

Billets : lepointdevente.com

Autre oeuvre originale disponible en ligne : Verso d'Audrey Bergeron

Les 11 et 12 septembre 2020, Danse-Cité ouvrait sa nouvelle saison avec Verso d’Audrey Bergeron en mode virtuel. Il s’agissait de la première expérience numérique de l’histoire de l’organisme et de l’artiste. La pièce s’animait en direct sur le Web de la scène du théâtre Prospero, dans une adaptation de Frédéric Baune. Inspirée des films muets, en noir et blanc, Verso réunit un quatuor féminin et un pianiste au cœur d’un montage chorégraphique truqué et poétique. Aujourd’hui, on peut visionner la pièce en tout temps sur le site sceno.tv. Avec Kim Henry, Merryn Kritzinger, Jessica Serli et Audrey Bergeron et le pianiste Roman Zavada. Coût du billet : 6,49 $.

Billets : https://www.sceno.tv/

Photo : Nindy Banks    © Do Phan hoi

14 janvier 2021

En ce début d’année, Danse-Cité est heureux d’accueillir Carmen Ruiz à la coordination du projet d’audiodescription de l’organisme. Carmen fait partie de la 10e cohorte du programme DémART-Mtl du Conseil des arts de Montréal voué à l’intégration des artistes et des travailleur.se.s culturel.le.s professionnel.le.s issu.e.s de la diversité culturelle.

Colombienne d’origine, Carmen détient un baccalauréat en littérature hispano-américaine et un baccalauréat en danse contemporaine de l’Université Concordia. Elle complétait récemment une formation DES en représentation d’artistes. Créatrice, interprète et enseignante en danse contemporaine, elle confondait, en 2012, le groupe de musique interdisciplinaire GYPSY KUMBIA ORCHESTRA. Elle coordonne également l'organisation GIROVAGO, qui soutient la création, la production et la promotion de l'art en mouvement.

On lui souhaite la bienvenue.

En savoir + sur l’audiodescription : https://www.danse-cite.org/fr/audiodescription
En savoir + sur DémART :  https://www.artsmontreal.org/fr/nouvelles/2021-01-12/20-nouveaux-stages-pour-la-10eme-edition-du-programme-demart-mtl

 

15 décembre 2020

La saison 2020-2021 continue de comporter ses revirements. Nous annonçons aujourd’hui l’annulation du spectacle INVISIBLE, de la chorégraphe Aurélie Pedron, qui était prévu pour février 2021. Mais ce n’est que partie remise, nous retrouverons l’œuvre et sa magnifique ribambelle de collaborateurs et collaboratrices à l’hiver 2022. INVISIBLE est une collaboration entre Montréal Danse, Lilith & Cie, et Danse-Cité ; l’aventure se poursuit.

Quelques mots sur INVISIBLE

INVISIBLE se tisse, s’enroule et se déploie dans l’infini de la spirale et dans le temps qui se suspend. L’œuvre est portée par 10 danseur.se.s dans une situation de performance ininterrompue, d’une durée de 4 jours et 3 nuits. Calme, enivrement, partage et solitude se succèdent et se chevauchent. Tout est possible, rien n’est imposé. Les spectateurs et spectatrices sont invité.es à remplir l’espace de leur simple présence ou en faisant intervenir sons, textes, musiques, bruits de la nature, archives personnelles ou autres, à partir de postes sonores installés dans le lieu. INVISIBLE est le reflet du grand « jeu de société dans lequel nous nous inscrivons tous et toutes. » Aurélie Pedron.

Nous saluons chaleureusement le travail d’Aurélie Pedron et de son équipe, et la résilience de chacun.e dans le contexte actuel : les danseurs et danseuses Ariane Boulet, Tony Chong, Rachel Harris, Emmanuel Jouthe, Aurélie Pedron, Isabelle Poirier, David Rancourt, Georges-Nicolas Tremblay, Zoë Vos ainsi que Kathy Casey (à la dramaturgie), Samuel Thériault (à la direction technique), Kevin Pinvidic (à la scénographie), Hugo Dalphond (à la conception éclairages), Alexandre Burton (à l’environnement sonore interactif). Au plaisir de poursuivre avec vous jusqu’au cœur de la saison 2021-2022.

REPOS ET RECHARGE DES BATTERIES
Nous vous souhaitons un bon temps des Fêtes. Au plaisir de vous retrouver en 2021.

Photo : Ariane Boulet, Zoë Vos, David Rancourt   Photographe : Do Phan Hoi

14 décembre 2020

Katya Montaignac, créatrice, dramaturge et commissaire en danse, partage avec nous son expérience de la webdiffusion en direct de PAPILLON, du 5 novembre dernier.

Le spectacle Papillon d’Helen Simard créé en collaboration avec les interprètes Nindy Banks, Mecdy Jean-Pierre, Victoria Mackenzie, Rémy Saminadin, Roger White et Ted Yates et présenté en livestream par Danse-Cité au Théâtre La Chapelle m’a permis d’éprouver ma résistance face à l’expérience numérique. En effet, un micro-changement dans mes habitudes peut-il affecter le protocole spectaculaire ?

« Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » (Edward Lorenz)

Chrysalide
En ces temps incertains, Helen Simard a choisi d’« embrasser la contrainte [et] savourer la tourmente »[1]. Après sept mois de confinement, je me réjouissais d’assister à un spectacle …mais c’était sans compter que cette situation provisoire ne se prolonge encore ! Bien que je ne sois pas adepte des spectacles en ligne, j’ai accepté de jouer pour la première fois le jeu d’une webdiffusion coréalisée en direct par Frédéric Baune et Helen Simard.

Ironie du sort et concours de circonstance : issue d’une recherche sur le chaos, cette pièce aura permis à la chorégraphe d’« accepter les choses que je ne peux pas changer, et [de] changer les choses que je ne peux pas accepter »[2]. Le contexte pandémique dans lequel s’est déroulé le processus de création a contraint toute l’équipe à s’adapter constamment aux changements de plans et ce, jusqu’à la veille de la première.

Transformation
Inévitablement, le spectacle porte en lui les stigmates des conditions sanitaires actuelles : les trois danseur·ses demeurent en effet à distance les un·e·s des autres et ne se touchent jamais. Cette absence de contact physique nous confronte directement à la situation imposée par la menace épidémique de la Covid19. Chacun·e danse dans sa bulle, séparé·e des autres par des cloisons plastifiées tout comme nous nous accommodons désormais des parois de plexiglas qui font désormais office de décor dans l’ensemble de nos commerces de proximité.

« Comment sommes-nous ensemble alors que nous sommes seul·e·s ? »[3]
Bien que la pièce présente une superposition de trois soli qui se déroulent de manière indépendante, tous arpentent le même espace et évoluent dans un environnement musical joué en direct par le trio des musiciens Rémy Saminadin, Roger White et Ted Yates. De plus, la partition de chacun·e des trois danseur·se·s est composée à partir d’une même source gestuelle issue d’une improvisation de la chorégraphe. Partageant ces territoires communs, il·elle·s danse·nt, se réponde·nt, se succède·nt et se dédouble·nt à travers leurs ombres, accentuant nos solitudes respectives. Depuis les isolations fascinantes de Mecdy Jean-Pierre jusqu’aux renversements gravitaires de Victoria Mackenzie en passant par la présence magnétique de Nindy Banks dont l’intensité des mouvements nous hypnotisent littéralement, le recueillement solitaire nous plonge dans la communion.

Éphémère
Au fond, qu’est-ce que ça change d’assister à un spectacle depuis son salon ? À l’écran, les changements de plans de sept caméras zooment et se relaient, découpant et recomposant la chorégraphie dans un rythme et un découpage visuel calqué sur le tempo du concert qui se performe live. La danse passe au crible de la régie vidéo qui, elle aussi, se joue sur le vif. J’aurais aimé laisser mon regard s’attarder sur les danseur·ses plutôt que suivre les changements de cadres orchestrés par la rediffusion.

J’avoue m’être connectée davantage par solidarité pour le milieu. Quel plaisir contagieux de revoir ces trois magnifiques danseur·se·s Nindy Banks, Mecdy Jean-Pierre et Victoria Mackenzie fouler la scène de La Chapelle, prendre l’espace à corps, même par écran interposé ! Mon fils de neuf ans s’est d’ailleurs adapté plus facilement que moi à ce contexte de diffusion, se mettant spontanément à danser sur la musique – chose qu’il ne se serait sans doute pas permis en salle où le code implicite nous impose un silence et une immobilité de rigueur.

« Comment générer de l’empathie, et non des images ? »
Si nous partageons encore un « maintenant », nous ne sommes désormais plus dans le même « ici ». L’absence du public affecte l’interprétation du danseur. En effet, où poser le regard quand on danse dans une salle vide ? Qui regarder et surtout pour qui danser ? L’absence de projection des regards, qui demeurent avant tout introspectifs, crée un espace méditatif, voire onirique, enveloppé par l’atmosphère musicale. La proximité se joue davantage à travers la superposition des plans ; les caméras démultipliant les points de vue depuis les coulisses ou encore des travellings filmés directement sur scène.

Autre changement de paradigme : l’option clavardage permet de dialoguer tout au long de la représentation et offre au public (désormais super-émancipé) la possibilité d’une attention à la fois parallèle, parasite et hyperactive. La distance excite notre désir de contact : on a envie d’écrire aux danseur·se·s, d’échanger avec eux·elles comme avec le reste de l’audience, afin de rompre cet éloignement forcé qui nous isole présentement les un·e·s des autres et de retrouver un sentiment de proximité fugace bien que virtuel.


[1] J’emprunte cette formule inspirante à Main d’œuvre, un lieu transdisciplinaire situé à Saint-Ouen en France qui a choisi cet intitulé pour baptiser sa saison 2020 marquée par la crise sanitaire : https://www.mainsdoeuvres.org.

[2] Notes de programme : https://www.danse-cite.org/programmes/papillon.

[3] Cette questions entre guillemets et la suivante sont des citations d’Helen Simard issues du site web de Danse-Cité : https://www.danse-cite.org/fr/spectacles/2020/papillon.

Photo : Nindy Banks, Mecdy Jean-Pierre, Victoria Mackenzie       Photographe : Do Phan Hoi

27 novembre 2020

Les Luncheries de Diagramme sont une plateforme d’échanges et de discussions autour d'enjeux auxquels sont confrontés artistes et organismes de création et de production.
Pour la dernière luncherie de l'année 2020, Danse-Cité et Diagramme se sont unis pour réaliser une édition spéciale de l'évènement sur le thème de l'émergence de la webdiffusion en arts de la scène.
Le mercredi 9 décembre, dès midi, connectez-vous à cette luncherie en ligne, qui prendra la forme d'une table ronde animée par Sophie Michaud.
Les invité.e.s., Frédéric Baune, Audrey Bergeron, Sophie Corriveau, Francis Perreault et Helen Simard, partageront leurs expériences et leurs points de vue sur les questions suivantes:Une œuvre qui n'a pas été créée pour le web peut-elle s'adapter à ce format de présentation? Quels sont les plus grands défis de la webdiffusion? En quoi diffère la webdiffusion de la présentation en salle, en terme de coûts et de ressources? Quels sont les aspects juridiques et légaux à considérer?

Réservation d'ici le 8 décembre:
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfMBqzmQUQo-bAuyIFgNG7j7n6wIpUq...

Plus d'infos: https://bit.ly/3md7BtT

8 octobre 2020

À La Chapelle Scènes Contemporaines
Un spectacle sur le chaos, créé en partie sur ZOOM,  
à l’heure d’une pandémie.

Montréal, le 8 octobre 2020 — Deuxième spectacle de la saison de Danse-Cité, PAPILLON, la nouvelle création d’Helen Simard, juxtapose trois solos et musique expérimentale live dans un trio au maillage complexe, explorant la frontière ténue entre ordre et désordre.

À La Chapelle Scènes Contemporaines, les huit représentations, prévues du 28 octobre au 7 novembre 2020, affichaient déjà COMPLET, avant l’annonce récente de la fermeture des théâtres. La première du spectacle aura finalement  lieu le 29 octobre, à 19 h 30. Si aucune restriction entourant la pandémie n’est annoncée, les représentations s’échelonneront jusqu’au 7 novembre. Restez à l’affût de possibles supplémentaires ! Aussi, dans le désir de toucher un plus large public, Danse-Cité invite tous les spectateur.trice.s, jeunes et adultes, à découvrir l’œuvre, d’une durée de 60 minutes, en WEBDIFFUSION, le 5 novembre à 19 h 30 ; une coréalisation de Frédéric Baune et d’Helen Simard, en direct de la scène de La Chapelle. Également en rediffusion, du 13 novembre, midi, au 15 novembre, 18 h. Billets sur lepointdevente.com

Mecdy Jean-Pierre, Victoria Mackenzie  © Claudia Chan Tak

PAPILLON

Rapidement, en mars dernier, Helen Simard et son équipe réajustaient leur processus de création et se lançaient dans le dernier droit de PAPILLON, sur Zoom. La pièce est aujourd’hui tissée de toutes les restrictions imposées par la pandémie, mais surtout de tous les possibles qui pouvaient en émerger. Elle s’est construite dans la mouvance, dans une réalité changeante et incertaine. Deux danseuses, un danseur et trois musiciens extraordinaires portent l’œuvre. Ce sont Nindy Banks, Victoria Mackenzie et Mecdy Jean-Pierre ainsi que Rémy Saminadin, Roger White et Ted Yates. Il ne s’agit plus, ici, simplement de spectacle, mais de tout un processus d’adaptation et de vie. Dans l’aridité de la distanciation physique, imposée et la mise en lumière du peu d’empathie dans notre société, PAPILLON émerge comme la vie qui bat.

Des concepts tels que la répétition, les fractales, les attracteurs étranges, les boucles de rétroaction et l'ordre spontané, constituants de la théorie du chaos, ont été des sources d'inspiration et ont orienté la création des trois solos distincts, mais complémentaires, et d'une partition musicale improvisée.

Tel un puzzle, PAPILLON parle de métamorphose, de la nature cyclique du moi — changement, perte, deuil, acceptation et croissance —, de l'inconnu, de l’étrangeté qui vit en nous, comme de liberté dans l’enfermement, de solitude et d’unité ainsi que de l’importance des liens humains. La pièce est telle une improvisation structurée. Elle regroupe des phrases de mouvements, des concepts, des états incarnés et autant d’images poétiques. À partir de mouvements communs, le matériau initial a été étiré et manipulé par la réinterprétation de celui-ci par chaque interprète, venant mettre en lumière la singularité de chacun. 

Visionner la bande-annonce : https://vimeo.com/460393676

HELEN SIMARD

Forte personnalité de la danse actuelle, Helen Simard détient un bac en danse contemporaine de l’Université Concordia (2000) et une maîtrise en danse (UQAM, 2014). Dès ses débuts, elle s’intéresse aux danses de rue ainsi qu’à la danse contemporaine et aux pratiques performatives. De 2000 à 2011, elle travaille avec le collectif en danse urbaine et contemporaine Solid State Breakdance où elle s’impose comme une créatrice unique. Avec cette compagnie, elle participe à l’élaboration de neuf œuvres, présentées à travers le Canada et l’Europe. Depuis, elle convie danseur.se.s et musicien.ne.s en studio pour des spectacles interdisciplinaires éclatés. Elle signe On the Subject of Compassion (2011), Can You Hear Me? (2017) et Dance Side of the Moon (2018) ainsi que la trilogie NO FUN (2014), IDIOT (2017) et REQUIEM POP (2019) sur l’icône du punk rock américain Iggy Pop. Elle est actuellement artiste en résidence au Playwrights’ Workshop Montréal jusqu’en 2021. Elle profite de cette résidence pour écrire sa première pièce de théâtre, when your baby dies. Elle fondait récemment sa propre compagnie, Créations Interdisciplinaires We All Fall Down, avec le musicien et le compositeur Roger White. Sous leur codirection artistique, WAFD valorise le spectacle vivant comme lieu d’expérimentation et de prise de risque afin de déconstruire/réinventer le corps et ses façons d’entrer en relation avec le temps et l’espace.

Danse-Cité

Depuis 39 ans, Danse-Cité contribue à l’évolution des pratiques de la danse et de la création contemporaine. L’organisme accompagne les artistes dans le déploiement de leur démarche artistique, de la naissance de l’idée à la présentation devant public. Il soutient l’émergence de nouvelles écritures, s’investit dans un travail structurel autocritique et durable dans l’objectif de redéfinir ses relations avec les artistes racisé.e.s et autochtones. Il vise également à favoriser l’accessibilité universelle aux arts.

PAPILLON EN SALLE

29. 30 oct. > 19 h 30 | 1er nov. > 14 h + 19 h 30 | 2. 6. 7 nov. > 19 h 30
La Chapelle Scènes Contemporaines, 3700, rue Saint-Dominique, Montréal
Billets : 20 à 30 $ | https://billetterie.lachapelle.org | 514 843-7738

PAPILLON EN WEBDIFFUSION

5 nov. > 19 h 30
Coréalisée en direct par Frédéric Baune & Helen Simard, de la scène de La Chapelle Scènes Contemporaines
Billets : 6,50 $ | https://lepointdevente.com

13 nov. > midi, au 15 nov. > 18h
Rediffusion
Billets : 6,50 $ | https://lepointdevente.com

LEVER DE RIDEAU | OPENING ACT

PAPILLON sera précédée d’une performance de Marie-Reine Kabasha, le 2 novembre

RENSEIGNEMENTS 

Médias francophones
Francine Arsenault  

Communications, Danse-Cité
514 525-3595 | communications@danse-cite.org
www.danse-cite.org     

Médias anglophones
Sarah G. LaForce

Créations interdisciplinaires We All Fall Down
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