La trace de ceux qui ont marché
LA LOBA Traces-Chorégraphes | Aurélie Pedron
AQUA KHORIA Traces-Interprètes | Peter Trosztmer
TIERRA Traces-Chorégraphes | Ginette Laurin & Jens van Daele
ELLE-MOI. D'un bout du monde à l'autre Traces-Hors-Sentiers | Katia Gagné

Saison 2016-17

Aurélie Pedron
20 AU 24 SEPTEMBRE -- 19 H + 25 SEPTEMBRE 2016 -- 15 H
Peter Trosztmer
11 AU 14 OCTOBRE & 18 AU 20 OCTOBRE - 19 H & 21 OCTOBRE 2016 -- 18 H
Samedi 3 juin - 18H
Katia Gagné
8 AU 11 FÉVRIER + 15 AU 18 FÉVRIER 2017 -- 20 H
Ginette Laurin & Jens van Daele
25 AU 29 avril 2017 -- 20 H

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Historique

Les années 80

C'est au Québec une période d'effervescence en danse contemporaine : on assiste à la naissance de Tangente et plusieurs jeunes chorégraphes quittent les compagnies établies pour créer leurs propres véhicules de création, nommément Jean-Pierre Perreault, Ginette Laurin, Édouard Lock, Paul-André Fortier et Marie Chouinard. Daniel Soulières, quant à lui, gère l'organisme Qui Danse de 1979 à 1982. En 1980, en compagnie de Monique Giard (les productions Giard - Soulières) il présente Treize chorégraphes pour deux danseurs, spectacle qui a un effet déterminant sur les deux interprètes. C'est dans ce contexte que Daniel Soulières fonde en 1982 Danse-Cité, une compagnie de danse au profil unique, une tribune libre, sans chorégraphe ni danseur attitrés, ouverte à l'expérimentation et aux projets novateurs, entièrement dédiée à la création montréalaise.

Dès 1983, Daniel Soulières tient à présenter les spectacles de Danse-Cité sur une période de deux semaines. Du jamais vu à cette époque en danse contemporaine québécoise ! Fort de l'expérience de Treize chorégraphes pour deux danseurs qui tient l'affiche plus d'un mois, il sait l'importance de cette durée minimale de présentation pour le développement des artistes et le renforcement de leur pratique.

De 1983 à 1986, sous les appellations Most Modern et les Événements de la pleine lune, Danse-Cité fait place à la relève de l'époque : Louise Bédard, Ginette Laurin, Daniel Soulières, Monique Giard et bien d'autres qui, tour à tour interprètes et chorégraphes, présentent leurs spectacles en compagnie des compositeurs et musiciens Jean Derome, Pierre Cartier, René Lussier, etc. En 1983, Danse-Cité offre « carte blanche » au chorégraphe Jean-Pierre Perreault, qui signe un canevas d'improvisation intitulé Joe et Rodolphe pour 14 danseurs et quatre musiciens.

Le premier Volet Chorégraphe présenté en 1986 jumèle deux chorégraphes (Catherine Tardif et Daniel Soulières) et se démarque par une diffusion au Café de la Danse à Paris. De 1986 à 1990, les soirées partagées nous révèlent les recrues du temps que sont, entre autres, Sylvain Émard, Danièle Desnoyers, Hélène Blackburn, Andrew Harwood et William Douglas accompagné du jeune danseur José Navas dont ce fut les premiers pas montréalais.

Les années 90

1990, année de changements : deux nouvelles formules apparaissent, la Formule Intégrale, soirée complète consacrée au chorégraphe Sylvain Émard, et la première Formule Interprètes.

Attentif aux besoins des artistes et enclin à susciter sans cesse de nouveaux défis, Daniel Soulières innove en renversant les conventions établies avec la Formule Interprètes dans laquelle un interprète se voit offrir la responsabilité des orientations artistiques de son projet. De l'inédit ! C'est aussi l'année où Danièle Desnoyers s'impose en Europe avec une longue tournée de la pièce Mirador mi-clos, conçue à Danse-Cité. En 1992, Ginette Boutin utilise le Volet Œuvres d'alors et danse une rétrospective des œuvres de Françoise Sullivan.

Une nouvelle génération de chorégraphes remplace la première vague de la dernière décennie, il s'agit maintenant des Irèni Stamou, Isabelle Van Grimde, Jane Mappin, Andrea Davidson, Harold Rhéaume et Roger Sinha. La Formule Intégrale dédiée à José Navas, en 1997, fait salle comble pendant deux semaines. José Navas aura donc participé à toutes les formules de Danse-Cité avant de s'inscrire comme un incontournable de la danse québécoise.

Durant cette période également, Danse-Cité maintient, avec le Most Modern, son soutien aux jeunes interprètes et chorégraphes de l'époque tels que Michèle Rioux, Yves Saint-Pierre, Maya Ostrofsky, Isabelle Poirier, Annie Roy, Parise Mongrain, Marie-Claude Poulin, Rachel Harris, etc.

Fait intéressant à noter : de 1990 à nos jours, les chorégraphes majeurs de la danse québécoise ont été programmés à Danse-Cité par le biais des Formule Interprètes. Ainsi, Jean-Pierre Perreault, James Kudelka, Paul-André Fortier, Jeanne Renaud, Marie Chouinard, Ginette Laurin, puis Sylvain Émard, Lynda Gaudreau, Louise Bédard, Danièle Desnoyers, Hélène Blackburn et José Navas se mesurent aux talents des interprètes Marc Boivin, Lucie Boissinot, Gioconda Barbuto, Daniel Soulières, Jacqueline Lemieux, Manon Levac, Sylvain Lafortune, Andrea Boardman, Sophie Corriveau, Catherine Tardif, Benoit Lachambre, Annick Hamel, Ken Roy et Liza Kovacs.

La compagnie s'affirme et évolue au fil des ans. En 1991, elle devient locataire et compagnie de danse résidente de l'Agora de la danse. Elle contribue au démarrage ainsi qu'à la renommée de cette première salle montréalaise dévolue entièrement à la danse contemporaine. Danse-Cité occupe les lieux jusqu'en 2001. Durant cette période, Danse-Cité consolide sa structure : un personnel permanent est recruté pour encadrer les projets des artistes en proposant à ces derniers un soutien artistique, administratif, en production et en communication. Plus que jamais, l'audace et les défis sont au rendez-vous. Daniel Soulières favorise les rencontres entre les différentes écritures chorégraphiques tout aussi bien que l'intégration d'autres formes d'art.

Ainsi, les metteurs en scène et comédiens Martin Faucher, Claude Poissant, Gregory Hlady, Brigitte Haentjens, Wajdi Mouawad, Julien Poulin, Éric Bernier et Hélène Loiselle viennent se mesurer à la danse.

Le classique et le contemporain se côtoient lorsque cinq danseurs des Grands Ballets Canadiens, dont Andrea Boardman, Louis Robitaille et Anik Bisonnette, se joignent à Daniel Soulières pour une soirée de courtes pièces en danse contemporaine.

Une nouvelle ère de collaborations débute avec des échanges artistiques avec l'Europe. En 1998, la chorégraphe berlinoise Sasha Waltz crée un duo pour Benoît Lachambre. L'année suivante, le public participe au déstabilisant HAUTNAH de l'Allemand Felix Ruckert, avec ses 10 solos, chacun dansé pour un spectateur à la fois.

Les réalisations vidéo accroissent la durée de vie des œuvres. Des capsules conçues à partir du matériel chorégraphique de certains projets sont destinées à la chaîne de télévision Bravo. C'est le cas du Projet Roy qui remportait en 2002 le prix de la meilleure interprétation au Moving Pictures Festival of Dance on Film and Video de Toronto, du Projet Kovacs et du Projet Clareton.

Soucieuse de mieux communiquer la danse contemporaine, la compagnie ajoute au calendrier des productions des activités de sensibilisation à cette forme d'art.

Dès 1996, Danse-Cité offre au public un lieu d'échange avec les artistes, par les répétitions publiques et les jeudis-causeries. Les projets Anatomie d'une création et Création en direct, quant à eux, démystifient la création et rend le public témoin de cet acte privilégié. L'installation vidéo Rencontres Inusitées est un outil tout indiqué pour rejoindre un large public et les initier à la pratique de la danse. Réalisée à partir d'entrevues avec des interprètes qui s'expriment sur leur métier - œuvre à la fois hommage et témoignage -, le public réalise la dure réalité de ces artistes et toute la passion qui les anime.

Le temps passe, les nouveaux visages d'antan deviennent les « maîtres » d'aujourd'hui. Danse-Cité s'inscrit comme un joueur important à l'intérieur de ce cycle sans fin. La compagnie agit à titre de catalyseur : elle dépiste les nouveaux talents et les propulse sur la scène montréalaise. Les recrues des années 1980 possèdent dorénavant leur compagnie soutenue pour la plupart au fonctionnement. Il en va de même pour certains de ceux présentés en 1990. Du côté des interprètes, le directeur artistique les invite à lancer des défis à la mesure de leur vaste potentiel.

Les années 2000

Pendant cette période, une troisième génération succède aux vagues précédentes. Il s'agit des Holy Body Tatoo, David Pressault, Estelle Clareton, Dominique Porte, Laurence Lemieux, Emmanuel Jouthe, etc.

Lors de leurs Formule Interprètes respectives, Sarah Williams et Carole Courtois transfigurent, chacune à leur manière, le lieu de représentation, bousculent les conventions et font vivre des instants de purs délices. Social Studies, une soirée consacrée aux interprètes vancouvérois Susan Elliott, Ziyian Kwan et Jonh Ottmann, est dansée à Montréal puis reprise à Vancouver.

De tout temps à Danse-Cité, les jeunes interprètes côtoient des artistes matures. L'intégration de la relève dans les productions s'affirme, plus particulièrement avec le spectacle Célébration présenté lors du 20e anniversaire de Danse-Cité (2002). Ce projet allie passé et futur par la reprise d'œuvres puisées à même le répertoire des formules consacrées aux interprètes et dansées ici par la relève. Les chorégraphies sont enseignées aux plus jeunes par les interprètes qui les ont créées. Le résultat est impressionnant et confirme la nécessité de la passation du savoir d'une génération à l'autre. En 2003, Danse-Cité récidive avec Célébration 2 et invite 6 jeunes danseurs et 4 jeunes musiciens à improviser à la manière des Événements de la pleine lune, sous la gouverne de Jean Derome, Louise Bédard et Daniel Soulières, les instigateurs à l'origine de ces rencontres de danse et de musique.

Pour souligner l'excellence de sa 20e saison et son apport important au milieu de la danse, Danse-Cité est mis en nomination en 2002 pour un prix de reconnaissance du Conseil des arts de Montréal.

En 2003, Danse-Cité se dote d'une nouvelle signature : la trace des créateurs. Celle-ci se décline en trois volets distincts : Traces-Interprètes, Traces-Chorégraphes et Traces-Hors-Sentiers.

Autrefois appelée « Formule Interprètes », la Traces-Interprètes conserve le même mandat, c'est-à-dire celui de placer le danseur au cœur même de l'orientation artistique d'un projet. Traces-Chorégraphes poursuit l'objectif du « Volet Chorégraphe » en consacrant une soirée entière à un chorégraphe. Finalement, désireux de créer des rencontres entre la danse et les différentes disciplines artistiques, Danse-Cité imagine les Traces-Hors-Sentiers. Ce volet offre carte blanche à des artistes œuvrant en périphérie de la danse (compositeurs, scénographes, artistes visuels, etc.). Ces artistes ne sont pas appelés à composer pour la danse en tant que collaborateurs associés à un chorégraphe, mais sont bel et bien responsables de concevoir et de diriger eux-mêmes une œuvre chorégraphique.

En 2004, Danse-Cité invite des créateurs de France, Martin Chaput et Martial Chazallon, à réaliser avec quatre interprètes montréalais, l'un des quatre volets d'un projet in situ qui a aussi vu le jour à Mexico, Marseille et Maputo. La chorégraphe Catherine Tardif poursuit ses collaborations avec Danse-Cité. Elle crée Et Marianne et Simon en 2001, Le Show Western en 2004 et Le Show Triste en 2006. Toujours en 2006, Danse-Cité part en Belgique avec le spectacle L'Éducation physique de la chorégraphe Manon Oligny, qui est présenté au Théâtre de la Balsamine dans le cadre du Festival Danse Balsa Marni Raffinerie.

25 chandelles !

En 2007, Danse-Cité fête ses 25 ans d'existence en présentant entre autres deux spectacles importants de son répertoire : Treize lunes, une nouvelle mouture des Événements de la pleine lune pour 10 musiciens et 10 danseurs en tournée montréalaise dans neuf Maisons de la culture, et Projet Roy, une reprise de créations mettant à l'honneur le danseur Ken Roy.

Fière de son passé et de ses réalisations, Danse-Cité se tourne avec assurance vers le futur. Le bassin des jeunes chorégraphes et interprètes ne cesse de s'accroître, révélant des artistes de haut calibre avec lesquels la compagnie souhaite vivre et faire partager au public de nouvelles aventures de création. Des défis à relever avec enthousiasme !

En 2007-2008, les chorégraphes Emmanuel Jouthe et Manon Oligny, dont la démarche artistique ne cesse de se développer, poursuivent leur collaboration avec Danse-Cité et créent respectivement Staccato Rivière et L'Écurie. Après avoir présenté Quarantaine 4 x 4 en 2004 - une œuvre pour quatre interprètes féminines de 40 ans et plus -, Charmaine LeBlanc, compositrice hors pair, crée Quarantaine, la version au masculin de cette idée novatrice.

Les échanges se multiplient et la production Ganas de Vivir, de la chorégraphe Élodie Lombardo (les Sœurs Schmutt) se réalise en collaboration avec la Compañia de Danza y Arte Escénico de Colima au Mexique.

Plusieurs œuvres captivent le public qui en redemande : certaines sont reprises lors de saisons ultérieures, par exemple, Quarantaine, Corps intérieur (de David Pressault) et Çaturn (de Naomi Stikeman). Explorant l'hybridité des médiums artistiques (danse et cinéma) cette dernière pièce, qui s'inscrit dans le cadre des Traces-Interprètes, fait appel à un bon nombre d'artistes de talent et connaît un grand succès.

Les années 2010

Les années 2010 s'annoncent des plus foisonnantes, riches en explorations artistiques. Les démarches multidisciplinaires se multiplient. C'est le cas de Catherine Lalonde qui présente Musica Nocturna : la nuit sera longue, une œuvre combinant danse, théâtre et poésie. En reprise, cette pièce s'inscrit dans le cadre du Conseil des arts de Montréal en tournée pour la saison 2010-2011 et fait escale dans 11 Maisons de la culture à travers la ville. Danse-Cité accueille en outre André Pappathomas qui présente le 8e volet de sa série Chœur et chorégraphes, une rencontre peu commune entre la danse et le chant d'ensemble, une mise en espace des mouvements et des voix du corps.

Les créateurs se questionnent de plus en plus sur la relation entre artistes et public ; on assiste à une explosion des formes chorégraphiques in situ. La 2e Porte à Gauche, une nouvelle maison de production spécialisée en danse contemporaine, propose des projets chorégraphiques variés, plaçant au cœur même de la création la relation particulière au public. En 2011, elle présente avec Danse-Cité 4quART, une œuvre faisant appel à quatre chorégraphes qui créent chacun un quart du spectacle à partir des mêmes « ingrédients » : même espace, mêmes interprètes et même collaborateurs artistiques.

En 2012, Danse-Cité a eu 30 ans…

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